Jean Zay aux Hivernales du documentaire


Samedi 12 janvier 2019

SALLE DES FÊTES | 82230 VERLHAC-TESCOU


17h00

JEAN ZAY, UN CRIME FRANÇAIS

Film documentaire de Catherine Bernstein – 53 minutes – 2011

Jean Zay aux Hivernales du documentaire
© Les Films de l’Aqueduc : France Télévisions : CNRS Images

En 1936, à 32 ans, Jean Zay se voit confier par Léon Blum le ministère de l’Education nationale et des Beaux-Arts. Génie politique, il fut prolifique en réformes et en créations qui marquent encore notre XXIe siècle.

La parole de cet homme épris de justice, qui œuvra très tôt pour défendre la laïcité, est devenue aujourd’hui une référence nécessaire pour les nouvelles générations.

Le film est une enquête sur sa disparition mystérieuse le 20 juin 1944 et une analyse historique de son assassinat.

Catherine Bernstein propose de partir sur les traces de cette disparition.

Nous découvrons qu’il a été assassiné par la Milice ainsi que les circonstances de son assassinat. Après guerre, personne, et pour cause, ne revendiquera ce meurtre ignoble. La mémoire de cet homme, au destin tragiquement brisé, sera refoulée, tronquée, amenuisée. Son exécution illustre les mensonges, contre-mensonges, oublis volontaires ou involontaires quand il s’agit de Vichy et de son rôle, ce qui pousse aujourd’hui à s’interroger sur les mécanismes d’occultation du passé.


20h30

LES ÉCRITS DE PRISON DE JEAN ZAY

Lecture en public interprétée par Yves Mugler – 60 minutes

Les écrits de prison de Jean Zay
Les écrits de prison de Jean Zay, lus par Yves Mugler © photo Yves Mugler

Les écrits de prison de Jean Zay ont été rédigés au cours de sa captivité entre le 15 août 1940, jour de son arrestation et le 20 juin 1944, jour de son assassinat.

Dans un style puissant, lumineux et sensible, ils témoignent de sa force morale et de sa hauteur de vue. Humaniste convaincu, il fut un homme brillant, dont les écrits et les paroles restent d’une pertinence absolue.

Avec les souvenirs des Écrits de prison de Jean ZAY, nous entrons dans la vie du premier prisonnier politique du régime de Vichy.
Grâce à la correspondance quotidienne qu’il a entretenue avec son épouse Madeleine, mais aussi à travers de nombreux extraits de son grand livre Souvenirs de solitude, Jean ZAY nous offre le témoignage remarquable d’un homme attachant, éblouissant de talent, de finesse et d’intelligence, mais attentif et sensible qui, victime d’une persécution totalement inique, vit cette injustice dans la sérénité du juste au fil interminable des jours et nuits de sa prison (1940-1944).
Avocat, jeune député radical du Loiret en 1932, réélu en 1936, nommé à 32 ans ministre de l’Éducation nationale et des Beaux- Arts dans le gouvernement du Front Populaire, il démocratise et modernise le système scolaire et favorise l’accès de tous à la culture.
Il inventa le festival de Cannes, forgea la réunion des théâtres nationaux, rénova la Comédie française, proposa un statut d’architecte et du droit d’auteur, conçut l’ENA et le CNRS, façonna l’éducation nationale moderne, interdit la propagande politique et confessionnelle dans l’enseignement public, mit en place la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans…
Jean ZAY est aussi cet homme qui remit sa démission le 10 septembre 1939. Après un procès politique truqué, il est jugé et condamné à la déportation et à la dégradation militaire : la même peine que Dreyfus. Le 20 juin 1944, trois miliciens l’abattent dans un bois de Cusset près de Vichy.
La prestation d’Yves MUGLER entraine le public dans la pensée intime de ce grand humaniste. C’est un spectacle vivement recommandé.

Jean-Louis ROSSI [ licra.org ]

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Jean Zay aux Hivernales du documentaire

Le Festival du film documentaire de création en Tarn-et-Garonne

15ème édition. Festoyons !

Toute occasion de manifester de l’enthousiasme dans ce monde chaotique est bonne à saisir. Cette année donc, trois nouvelles communes, Cayrac, Lafrançaise, Verlhac-Tescou et toujours des rencontres, des débats, des échanges culinaires, et bien sûr des pépites filmiques. Mais aussi, des découvertes de scène, des lectures, des formes théatro-documentaro-sensibles, un bal en clôture avec des danses du monde, danses populaires, danses collectives, pour se tenir chaud au coeur.

Dans le parcours que nous proposons, nous rendons hommage à Claude Lanzman, décédé cette année, avec la projection en intégralité de Shoah. Qui a déjà vu l’intégrale de Shoah ? Hommage également à Jean Zay, grand Monsieur, dont le combat a porté très haut les ambitions de la culture et de l’éducation avec pour seul guide le bien commun. Cela ne relève pas de l’improvisation mais bien de choix affirmés et d’une certaine vision. Les tendances actuelles et les motivations qui prévalent dans la sphère publique laissent souvent perplexe. C’est pourquoi, se référer à de Grands Hommes qui ont joué un rôle éminent dans la construction de notre environnement social, nous semble une base d’appui intéressante. C’est en tout cas une bien noble tâche assignée à l’expression artistique (cinéma documentaire, théâtre).

Nous sommes ravis d’accueillir aussi des jeunes générations de cinéastes qui par leur conscience politique et artistique, nous promettent de riches moments de dialogues, d’effusions d’idées, d’échange de points de vue.

Une séance spéciale à Montricoux avec Heidi Project : forme mixte alliant subtilement cinéma, musique et narration en direct. Avec une pointe de nostalgie pour ceux dont la petite Heidi a accompagné une partie de leur enfance.

Et une clôture de la saison en grande pompe à Cayrac, avec un grand bal trad. C’est Rémi Geffroy à l’accordéon diatonique et Los Barjacaraïs qui mèneront la danse. Allez voir sur son site : si vous résistez à cela, on ne peut plus rien pour vous.

Béatrice Amiel, Jean-Michel Filiquier

Le Festival du film documentaire de création en Tarn-et-Garonne
Nov. 2018 – Mars 2019

www.leshivernalesdudoc.fr